Biographie du peintre
Mais qui est vraiment Paul Véronèse ?
La tradition de l'histoire de l'art nous parle d'un certain Caliari Paolo, né à Vérone (Italie) en 1528, mais son véritable pseudonyme restera à jamais un véritable mystère...
Peintre du seizième siècle , appartenant au mouvement maniériste (caractérisé par le raffinement et la mise en évidence de l'artifice), Véronèse se fait connaître grâce à ses nombreuses décorations illusionnistes, ses trompes l'½il en fresque et huile.
Ignoré des critiques de son temps, il jouit cependant, de son vivant, d'une très grande popularité et est considéré comme l'un des plus grands coloristes de son époque.
Mais c'est un peintre provocateur, affranchit des principes de son époque que retiendra l'histoire puisqu'il n'hésitait pas à traiter ses sujets de manières très personnelle, provoquant le scandale et allant parfois même jusqu'à éveiller les soupçons de l'élite religieuse.
Un de ces peintres de la renaissance qui, comme il le dit « prennent de ces licences que prennent les poètes et les fous ».
Paul Véronèse meurt le 19 Avril 1588.
« Biographie » du tableau
Son histoire : Tableau dépeignant le premier miracle du Christ, Les Noces de Cana, était destiné à égayer le couvent de Son Giorgo Maggiore et à rivaliser contre Raphael, figure emblématique de la renaissance.
Aujourd'hui exposé au premier étage du musée du Louvre, ce tableau au format fort impressionnant (666 x 990 cm !) est sans doute l'un des plus imposants tableaux anciens des collections françaises.
Il s'inscrit en tout cas dans les tableaux les plus célèbres de la Renaissance.
Analyse: Véronèse a ici choisi de représenter le banquet à la fin duquel Jésus transforme l'eau en vin.
Toile très fidèle à l'Evangile de Jean, le peintre a cependant transposé le banquet dans un contexte vénitien qui lui est plus contemporain.
Malgré ses couleurs chatoyantes et sa foule joyeuse, le tableau contient sa part d'ombre...
En effet, nous pouvons remarquer plusieurs signes qui renvoient à la finitude de l'homme : sur la table de musique par exemple, un sablier placé habilement vient souligner l'idée du temps qui passe et qui ne se rattrape pas. La musique prend alors un tout autre sens, celui d'une sorte de mise en garde à l'attention des convives.
[Petite parenthèse : l'on pense que le personnage vêtu de blanc serait un autoportrait du peintre, ceci n'ayant jamais été prouvé, nous pouvons cependant affirmer que, parmi ces 132 personnages, certaines figures ont réellement existé...]
Au centre de la table, à la place des mariés, se trouvent Jésus et Marie, tous deux nimbés d'une auréole (un peu plus lumineuse pour le Christ). Ce couple est encore une fois entouré d'une multitude de symbole.
Ainsi, à l'exact centre de la toile, juste au dessus de Jésus de Nazareth, se trouve un morceau d'agneau qu'un bouché découpe alors que sur la table le dessert est déjà servi : ce détail annonce en fait le futur sacrifice de Jésus, considéré comme l'agneau sacrificiel, l'Agnus Dei.
Juste à côté de la figure du Christ, est donc représentée celle de sa mère, Marie, portant un voile noire préfigurant le deuil prochain de son fils. De même, son doigt semble désigner un verre vide incitant Jésus à accomplir son premier miracle...
Le scandale : Ce tableau, peint en 1563, fit scandale en son temps.
Effectivement, on reprocha à Véronèse d'avoir insisté plutôt sur la fête que constituaient les noces que sur la symbolique qu'impose l'illustration des textes issus de l'évangile.
Reproche également de son côté cosmopolite (mélange de vêtements orientaux et occidentaux), son architecture « ultra-moderne » ainsi que son ivresse toute vénitienne qui déplaisait beaucoup (les vénitiens croyaient « beaucoup en St Marc, assez en Dieu et peu voir pas du tout au pape »).